<$BlogRSDURL$>

Tuesday, August 31, 2004

Dans les trains 

S'efforcer de laisser les choses telles qu'elles se présentent. Aimer à proportion qu'on vous écoute. Essayer de maintenir aussi réduit que possible l'écart entre le désir qui monte et un dialogue qui s'amorce...
Mais il y a tous les regards perdus, les rencontres avortées, innombrables clips fugaces d'un visage qui aurait plu. D'une rencontre qui n'aura pas lieu. Ça aussi, c'est déjà de l'amour, ça première entrouverture. En rester là.
Elle a encore les pieds nus dans le train comme si elle était à la plage, les cheveux blonds torsadés de sel et un reste de tee-shirt turquoise, un anneau d'argent sur un pouce doré de soleil.
J'ai commencé je crois à déraper.
J'ai fait quelque chose de delictueux. J'ai pris en photo son pied dans le train, son pied nu. Comme un vulgaire voyeur.
Elle a un collier de grosses perles vertes en plastique transparent. Elle lit des notes d'histoire de l'art. Elle est sur une page sur des vases grecs. Reproduction sur un mémento intitulé en orange : Histoire grecque.
Delili en blanc sur son tee-shirt et son téléphone vibre... elle répond, nej ! du suédois ! une jeune suédoise et je lui ai volé un peu des couleurs de son pied de l'été 2004, dans un train pour Biarritz.
Elle est tournée vers le couloir, les jambes qui se touchent, elle lit, une main sur le front dans ses cheveux, l'autre qu'elle se passe doucement sur le sein par l'échancrure puis repasse sous son nez comme pour en vérifier la molle chaleur ou un reste de parfum. D'une main elle se prend l'index et regarde par la fenêtre, le bracelet de sa montre est plus vert que les herbes qui défilent.

|

Sunday, August 22, 2004

String paradoxe 

On a inventé le string pour faire disparaitre la couture des culottes sous les étoffes. Conclusion on a fait le fil du sring un peu plus large et baisser la découpe des tailles de futes pour être bien sûr que personne ne puisse ignorer qu'on se dévêt d'un string.

|

Saturday, August 21, 2004

Suède 

Elles sont suédoises. Blond et bleu aux yeux. L'une : pantalon et teeshirt blanc. La peau comme gonflée, tendu, ferme. La peau qui ne s'est pas encore habituée à tout cet envahissement du corps. Du rouge quand on lui parle. Pieds nus dans de petites sandales de cordes. Du vin dans les verres. Qui joue avec ses pieds, en dégage un et le laisse nu comme caresser du revers l'autre cheville. Les lunettes de soleil remontées dans les cheveux. Elles ont des valises.

|

Wednesday, August 11, 2004

Le désir est un muscle qui s'entretient 

Pas le muscle qui se contracte ou se tend. Un état qui s'entretient, qui se cultive, qui se nourrit... Plus on désire, mieux on désire. Le désir s'atrophie si on le nèglige, et il déborde si on l'irrigue. Etre en état permanent de désir. L'éventail de ses objets. Le désir est une fonction biologique. Le sens du désir, ce sont nos orgasmes.
Où en sommes-nous après avoir joui ? Que redevient le sens de toute cette vie ?
Réenclancher le regard disponible du désir... Et l’on peut aussi tout mettre en scènes ou laisser venir comme les états infinis du désir. Comme la béance disponible de toute notre vie matérielle. J’ai tout ici un peu tordu. Jusqu’à faire passer le désir pour sa réplétion. Comme d’autres en d’autres temps courtois, précieux... on fait passer l’attente pour sa proie. Désirer n’est pas baiser. Et baiser c’est tant désirer. Que tous les déploiements des désirs est la plus belle des activités, des dessins, des lectures, des conversations, des inattentions, des négligences, des disponibilités, des éruditions, des dégustations... entre les rares et inombrables coïts.

|

This page is powered by Blogger. Isn't yours?